Seigneur, pourquoi faut-il toujours se forcer, je n’ai pas envie…
Seigneur pourquoi faut-il se forcer pour vivre chaque jour comme tu veux que l’on vive? Ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas toujours gai!
J’ai souvent envie de faire ce que je ne dois pas faire, et si peu envie de faire ce qu’il faut que je fasse! Seigneur, est-il vrai qu’il faille toujours se forcer quand on n’a point envie?
Mon petit, dit le Seigneur, il est vrai que la graine doit être chaque jour arrosée pour nous donner un arbre,
Que la mère doit peiner pour que naisse l’enfant, et les parents l’élever,
Que le boulanger doit travailler toute la nuit pour pétrir le pain,
Et les ouvriers s’astreindre à la chaîne pour que roule l’automobile…
Même s’ils n’ont point envie!
Il est vrai que les savants doivent longuement chercher pour trouver le médicament qui guérit,
Que des Hommes doivent sacrifier leur vie pour qu’advienne la justice,
Et que les amoureux doivent mourir chaque jour aux désirs égoïstes pour que vive l’amour…
Même s’ils n’ont pas envie!
Car où serait ta dignité mon petit, ta belle liberté et ton pouvoir d’aimer si le Père te donnait l’arbre et l’enfant tout fait, le pain cuit sur la table servie, le médicament sauveur sans erreurs possibles, et l’univers comme un paradis pour une humanité paisible?
Il est difficile d’être Homme et difficile d’aimer. Je le sais. Je n’avais point envie de gravir pendant trente ans les marches du calvaire, mais mon Père désirait que ma vie toute entière pour vous soit offerte. Et moi, je vous aimais mes frères, et si je suis monté sur la croix c’est pour que tous vos efforts, un jour, soient couronnés de VIE.
Va mon petit, ne te demande pas si tu as envie de faire ceci ou cela, demande toi si le Père le désire pour toi et pour tes frères.
Ne me demande pas la force de te forcer, demande-moi d’abord d’aimer de toutes tes forces et ton Dieu et tes frères, car si tu aimais un peu plus, tu souffrirais moins et si tu aimais beaucoup plus, de ta souffrance jaillirait la JOIE en même temps que la VIE.
(Michel Quoist)


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